Des précisions sur l’AMAP et comment en créer une

Une Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne (AMAP) est, en France, un partenariat de proximité entre un groupe de consommateurs et une ferme locale, basé sur un système de distribution de « paniers » composés des produits de la ferme.

C’est un contrat solidaire, basé sur un engagement financier des consommateurs, qui payent à l’avance la totalité de leur consommation sur une période définie par le type de production et le lieu géographique. Ce système fonctionne donc sur le principe de la confiance et de la responsabilisation du consommateur.

Dans la majorité des AMAP, les membres payent plusieurs mois à l’avance, afin d’avancer les fonds nécessaires au producteur pour qu’il prépare sa production.

En effet, une AMAP est :

  • pour le paysan, le maintien de l’activité agricole par la garantie de revenu ;
  • pour le consommateur, des aliments frais, de saison, souvent biologiques, produits à partir de variétés végétales ou races animales de terroir ou anciennes ;
  • un prix équitable pour les deux partenaires.

Une telle association est considérée comme participant de l’économie solidaire, selon les critères suivants :

  • un lien direct, sans intermédiaire, entre le producteur et le consommateur 
  • les consommateurs s’engagent à l’avance, pour une saison de production 
  • ils partagent les aléas climatiques qui peuvent modifier à la baisse, la quantité de produits calculée et planifiée par le producteur 
  • le prix du panier est calculé en fonction des coûts de productions et non pas au poids de la marchandise

Le fermier amortit les aléas de l’économie de marché (il a une vision sur plusieurs mois) et garde une indépendance par rapport au système de grande distribution ; quant aux consommateurs, ils peuvent directement suivre et influencer le mode de culture (souvent biologique, biodynamique ou agriculture durable).

Les AMAP ont également les ambitions suivantes :

  • favoriser un dialogue social autour de la sécurité alimentaire et du goût
  • respecter la biodiversité
  • mieux gérer le foncier et maintenir des terres fertiles
  • agir pour l’emploi, par l’installation de nouveaux jeunes agriculteurs
  • instaurer des animations sur la ferme, en favorisant le volet pédagogique sur la nature et l’environnement
  • contribuer à réduire la consommation énergétique en utilisant des légumes produits à coté de son domicile
  • impliquer le consommateur dans ses choix de consommation

Méthode pour créer une AMAP 

1ère étape : Rassembler un groupe de familles intéressées.
Un groupe  pour des légumes peut compter 40 familles ou plus. Le nombre de familles doit être fixe pour une saison, puisque le nombre de plantations faites par l’agriculteur est fonction de ce nombre.

2ème étape : Rechercher une ferme partenaire située à proximité des familles.
La ferme doit être suffisamment proche pour s’y rendre et passer la journée
(notamment pour des coups de main).

 3ème étape : Visite « technique » chez le producteur d’un représentant du groupe, accompagné d’un producteur expérimenté en AMAP.

4ème étape : Rencontre à la ferme du groupe et du producteur.

L’agriculteur raconte au groupe comment il travaille, ce qu’il fait, etc. C’est à ce moment que la « mayonnaise doit prendre » et qu’une confiance doit pouvoir s’installer entre les partenaires.

Conseils et suggestions :

Le prix du panier représente une part de récolte de la ferme partenaire.

Il peut valoir : (coût de production + rémunération du producteur)/ nombre de familles.

Il ne reflète pas le « marché » mais les contraintes de production subies et choisies. Chaque AMAP décide et invente des règles de fonctionnement qui conviennent à ses partenaires.

Les familles et le producteur s’engagent pendant une saison (6 à 12 mois). Les familles signent des chèques à l’avance (par exemple, un chèque par mois) que l’AMAP donne ensuite chaque mois au producteur tout au long de la saison. La charte de l’agriculture paysanne (pas de désherbant, de pesticides, d’engrais chimiques) peut être progressivement adoptée par l’agriculteur). S’il n’est pas en Bio dès le départ, il faut lui laisser le temps pour cette transition.

Il vaut mieux prévoir un turn-over important de familles entrant et sortant de l’AMAP (15 à 20%) et donc constituer une liste d’attente. Le principe AMAP est, à l’origine, un soutien à des fermes maraîchères mais il peut être adapté ou modifié pour d’autres types de production (achats ponctuels, regroupements avec d’autres AMAP etc.)

Plus d’infos sur : www.amap-idf.org