batch cooking ?

Batch cooking ou comment renommer ce qui existe déjà ?

Pourquoi faut-il toujours renommer – et souvent avec un nom anglais – ce qui existe déjà pour en faire une tendance à la mode ?

Le batch cooking, c’est en quelque sorte l’art de cuisiner ses plats en avance, pour la semaine à venir, afin d’avoir un minimum de temps de préparation en rentrant du travail.

Qui ne le pratique pas déjà ou ne l’a pas déjà pratiqué sans le nommer « batch cooking » ?

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Les étudiants qui rentrent chez leurs parents le week-end sont déjà adeptes des bons petits plats préparés le dimanche par papa-maman et avec lesquels ils repartent sur leur campus, assurés d’avoir de quoi manger chaque jour de la semaine.

A l’AMAP, quand on reçoit son panier bien rempli le mercredi soir, il faut aussi transformer ses légumes. Et quand on prépare sa soupe, on ne va pas en faire que pour un bol. Et rien n’empêche le jour de la dégustation de rajouter un peu de crème fraîche, une touche de persil frais… Nous « batch-cookons » tous !

Rien de neuf à tout cela. Pourtant, les articles fleurissent sur ce sujet et cela fait vendre des livres.

On réinvente perpétuellement ce qui se pratique déjà depuis la nuit des temps, ne trouvez-vous pas ?

Le zéro déchet, par exemple, c’est ce qui était déjà en place dans les ménages chez nos grands parents. Ils compostaient leurs épluchures de cuisine.

Ils n’achetaient pas de produits hyper transformés et n’avaient pas à gérer les tonnes d’emballage plastique ou carton qu’on trouve désormais dans nos supermarchés.

Ils réparaient eux mêmes leurs meubles, leurs appareils électroniques. Ils faisaient eux même leur lessive sans besoin de tuto pour expliquer comment fabriquer sa lessive.

Leurs loisirs consistaient en des plaisirs simples de promenades dans la campagne ou en bord de mer. Il n’y avait pas besoin d’artifices, d’extravagances.

Aujourd’hui, un nouveau rayon a émergé en librairie pour les bouquins dits « feel good » – encore un mot anglais – qui nous expliquent les bienfaits des promenades au grand air. Waouh ! Quelle information ! Personne n’y avait pensé avant.

Et pourtant, cela fait vendre. Comme si le fait d’acheter un de ces bouquins, sans même suivre les conseils qui y sont dispensés nous rassuraient déjà et apaisaient nos angoisses.

Bien sûr, on ne vendrait pas de livres en parlant des pratiques de nos grands parents. Alors que trouver un bon titre anglais pour renommer une habitude ancestrale, là, c’est « bankable » – ou c’est vendeur pour ceux qui ne sont pas adeptes de ces nouvelles dénominations anglicisées.

Pourquoi faut-il toujours trouver des astuces marketing pour revenir à l’essentiel ? Qu’est-ce que cela dit de nos sociétés ?

Si vous avez des réponses, n’hésitez pas à les mettre en commentaire dans cet article.

 

 

Bénédicte

 

 

 

 

 

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