la Vallée de la Lune

Un court article pour parler de La Vallée de la Lune, un roman de Jack London.

Je découvre Jack London depuis peu, grâce à un bibliothécaire de la médiathèque de Colombes qui m’a un peu forcé la main pour que j’emprunte Martin Eden que je n’étais pas disposée à lire du tout.

Bien lui en a pris puisque je suis tombée sous le charme de l’écriture de Jack London dont c’est d’ailleurs le centième anniversaire de la mort cette année.

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Et aussi incroyable que cela puisse paraître, La Vallée de la Lune, écrit en 1913, aborde largement ce dont nous parlons dans les AMAP et dans ce blog.

Un couple part à la recherche d’une terre, leur Vallée de la Lune. Cette recherche est celle du bonheur. Avec l’idée qu’il ne sert à rien de cultiver la terre en excès et qu’on peut se satisfaire d’une petite exploitation pour cultiver juste ce qui est nécessaire pour bien vivre, sans épuiser la terre.

Dedans, on retrouve les principes même de la permaculture, mais aussi la dénonciation de la surexploitation de la terre qui tend à la rendre stérile. Et l’auteur y évoque déjà les circuits courts, la vente sans intermédiaire.

Ainsi que la question de l’utilisation de l’eau et il y est même mentionné les quantités d’eau nécessaire à l’humain, ce qu’il absorbe tel quel et la quantité d’eau pour la culture des légumes et surtout la production de viande.

Jack London écrit :

« Il faut cinq litres d’eau pour produire un kilogramme de nourriture, et cinq mille litres d’eau pour obtenir un kilo de viande. Combien d’eau buvez-vous en une année ? Mettons cinq cent litres, soit cinq cents kilos. Bon, mais vous mangez plus de cent kilos de légumes et plus de cent kilos de viande par an, n’est-ce pas ? Ce qui fait que vous consommez cinquante tonnes d’eau sous forme de légumes et de fruits, et cinq cents tonnes d’eau sous forme de viande. En résumé, il faut bien cinq cent cinquante tonnes et demie pour maintenir en vie une frêle petite bonne femme comme vous. »

Plus loin, l’auteur évoque l’ouvrage Trois acres et la libertés de Bolton Hall (père du mouvement à la terre originale aux Etats-Unis au début du XXème siècle) qui évoque un homme qui cultivait vingt acres et récoltait trois milles boisseaux (12,67 litres) de pommes de terre médiocres, comparativement à un autre fermier qui cultivait cinq acres seulement et récoltait trois milles boisseaux de « pommes de terre primeur et de choix ».

Et dans tout le livre, on retrouve des références à la culture moderne contre la culture intensive. C’est absolument extraordinaire de songer que ce thème était déjà un questionnement pour des hommes aussi avertis que cet écrivain visionnaire. En 1913 !!

Et plus de cent ans plus tard, alors que deux guerres mondiales sont passées, que la technologie a fait un bond en avant gigantesque, que nous avons connu les chocs pétroliers, les crises bancaires, nous en sommes toujours à discuter ce point.

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Nous commençons à peine à prendre conscience, avec les données sur le climat, l’augmentation de la pollution, la fonte des glaces, la disparition des espèces de la faune et de la flore, de la nécessité de la modération en matière de culture, d’alimentation.

Et nous écoutons d’une oreille distraite de vieux sages comme Pierre Rabhi qui revient récemment avec un nouvel ouvrage Vers la sobriété heureuse où il nous raconte toujours la même histoire.

Oui, le bonheur n’est pas dans la possession ni dans la surproduction, ni dans la surconsommation. Oui, chacun peut faire sa part. Cela fait tant d’années qu’il nous le répète.

Et au fond, nous le savons. Mais quand nous fermerons le livre, alors nous retournerons à nos activités. Cela nous travaillera quelques minutes, quelques heures, quelques jours peut-être. Et puis, nous y repenserons au prochain livre qu’il publiera.

Ce qu’il nous raconte c’est un peu ce que nous racontait déjà Jack London en 1913. Ses personnages qui cherchent leur Vallée de la Lune, leur lieu idéal de vie, leur paradis terrestre, comme Pierre Rabhi a trouvé le sien en Ardèche.

Ils racontent la même chose ces hommes qui ont compris que le bonheur est là, dans la Vallée de la Lune. Nous le savons tous au fond. Encore faut-il chercher sa propre Vallée de la Lune.

Et vous, avez-vous trouvé la vôtre ? La cherchez-vous ?

 

Bénédicte

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