créer une monnaie locale. Et si c’était possible à Paris ?

C’est un thème qui nous intéresse particulièrement dans ce blog et nous avons déjà parlé du S.E.L., de l’Accorderie ou de l’échange de services entre particuliers, permettant ainsi de créer des alternatives à la consommation traditionnelle.

Mais créer une monnaie locale est encore une autre paire de manches. Alors, intriguée par le sujet, jeudi dernier, je me suis rendue à une réunion à la mairie du XIème arrondissement.

Salle d’attente des mariages. Nous étions là presque quinze participants, certains déjà plus impliqués que d’autres dans ce projet. Mais tous, en tout cas, comprenant les enjeux d’une telle initiative.

Il existe aujourd’hui environ 34 monnaies locales en France, reconnues depuis la loi du 31 juillet 2014. Il y a notamment la Pêche à Montreuil, l’Eusko au Pays Basque, le Sol Violette à Toulouse.

peche

A l’étranger aussi, nous connaissons le WIR qui fonctionne bien en Suisse.

Mais quel intérêt me direz-vous ? On a déjà une monnaie.

En fait, il n’y a pas UN intérêt, mais de multiples intérêts.

Créer une monnaie locale, c’est favoriser le commerce de proximité. C’est créer de la richesse qui va profiter aux acteurs locaux qui ont adhéré à la monnaie. Cela favorise aussi les circuits courts.

Et par là même, cela évite de consommer des produits qui viennent de loin, donc cela permet d’être plus écologique.

Sans nul doute, cela crée du lien social, non seulement entre les consommateurs et les commerces, les artisans, les producteurs du quartier, mais aussi entre les commerces eux-mêmes, entre les entrepreneurs, car le commerce ou l’artisan qui reçoit un paiement en monnaie locale va utiliser cette monnaie en achetant à un autre commerçant, producteur, artisan local.

Spéculation banque

Cela donne automatiquement du sens aux achats et aux échanges avec tout ce que cela implique : le mieux vivre ensemble, améliorer les relations sociales en partageant le bien commun.

A l’heure où les produits importés de Chine, d’Inde, de Tunisie, des pays de l’Europe de l’Est ou autre nous envahissent et concurrencent les produits français plus chers, car plus qualitatifs, la monnaie locale redonne de la force aux producteurs locaux, par le soutien qu’ils reçoivent.

Le test est déjà effectué chaque année dans le XXème arrondissement de Paris avec le Bidule qui est une monnaie locale éphémère qui vit un jour pendant la journée Système D.

Mais Paris n’a pas encore sa monnaie locale.

Pourtant, cela irait clairement dans le sens de ce que les consommateurs souhaitent aujourd’hui et les études le démontrent :

la lutte contre la spéculation des banques,

empêcher les pratiques économiques qui ne sont pas responsables écologiquement ou socialement,

arrêter le déclin et la fermeture des petits commerces de proximité,

stopper le développement des circuits longs,

lutter contre la pollution, la production des gaz à effets de serre due en partie au transport des produits qui viennent de l’étranger, et donc lutter contre le réchauffement climatique.

Dans les prochaines années, il pourrait se créer une soixantaine de monnaies locales. C’est bien le signe d’une prise de conscience collective.

Monnaie locale

Alors, en attendant, une poignée de citoyens se réunit à la mairie du XIème arrondissement.

 Pour en apprendre encore un peu, vous pouvez visionner le reportage d’On n’est plus des pigeons : http://www.france4.fr/emissions/on-n-est-plus-des-pigeons/enquete/argent-vers-des-monnaies-locales_455557

Si le sujet vous intéresse, que vous soyez un particulier, que vous soyez un artisan, un commerçant ou autre, que vous habitiez Paris ou pas d’ailleurs, n’hésitez pas à aller contribuer à ces réunions pour mettre en place une monnaie locale à Paris (et peut-être en Ile de France ?!).

Bénédicte

10 réflexions sur “créer une monnaie locale. Et si c’était possible à Paris ?

    • Merci Silvia. Il me semble bien avoir vu un reportage sur Rob Hopkins. J’en toucherai un mot, si j’ai l’occasion, au groupe qui s’occupe de la mise en place de la monnaie local dans le XIème et je leur dirai aussi que Fontainebleau a le même projet.
      Merci beaucoup pour ces informations et à bientôt. Je suis toujours votre blog et j’enregistre les recettes que je prévois de faire, notamment celles sur les brioches qui ont l’air absolument délicieuses et qui sont en haut de ma liste, mais elles semblent demander beaucoup de travail et de pratique 🙂

      • Allez -y sur le brioches ce n’est pas difficile juste long 😊. Avez vous de la farine en Amap? Notre producteur de légumes, la ferme de Challois a acheté un moulin à pierre et maintenant nous avons une farine vraiement extra pour pizza et brioches

      • Oui, Silvia, j’achète la T65 de la Ferme Sainte Beuve qui vient à notre AMAP tous les 2 mois environ.
        Ils font toutes leurs farines aussi et ils ont beaucoup de choix (T80, T110, T150, épeautre, seigle, sarrasin, petit-épeautre, multi-céréales), mais je n’y connais pas grand-chose, alors j’ai pris la T65 et la sarrasin (j’avais essayé de faire des galettes bretonnes).
        J’utilise la T65 pour faire mes pâtes à tarte et les gâteaux. J’ai fait un Kouglof avec, mais je n’ai pas encore testé la brioche.

      • Moi aussi la brioche je la fais avec la T65. La force de notre farine n’a pas encore été testée et donc je ne sais pas si, par raport au contenu de gluten, elle est la plus adaptée pour faire les brioches. Quand j’en ai parce que je l’emmène d’Italie je la mélange avec de la Manitoba, une farine d’origine canadienne, très forte, mais pas super question santé apparemment…j’ai demandé si c’est possible de mesurer la force de nos farines car j’ai l’impression qu’elle soient assez « bonnes » de ce point de vue…

      • Ca c’est super intéressant à connaitre si vous voulez faire des recettes qui demandent une longue pousse. En pratique il s’agit d’un index, qui s’appelle W qui mesure la résistance du gluten à la déformation qui se passe pendant le processus de pousse, où il forme une reticule qui retient le CO2 qui se forme pendant la digestion des sucres par les bactéries de la levure. . En pratique, plus le W est haut, plus la farine peut résister à des longues pousses. Donc voici pourquoi on l’appelle « de force » quand son indexe W est haut. Pour faire des biscuits par contre il faut des farines à W faible. La Manitoba à Paris vous la trouvez chez RAP Epicérie par exemples…le monde des farines et des produits de la farine est tellement fascinant et j’aimerais bien pouvoir avoir le temps d’aller en Italie pour me former sur ces thèmes, que en France sont moins diffusés (je suspecte parce que en Italie il y a une tradition pizza, fougasses, brioches à longue pousse…)

      • Fantastique ! Vous devriez faire un article explicatif sur la force de la farine et sur quelle force à telle ou telle farine. C’est très intéressant.
        Merci encore pour toutes ces explications et à bientôt Silvia

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