le gâchis / Partie 4

et dernière partie de cette série d’articles.

Il est un point important à aborder en ce qui concerne le gâchis : la terre et la Terre.

Dans notre article de décembre 2013 sur la surconsommation, j’évoquais les conséquences de la surnutrition aux Etats-Unis où les gens sont incités à avaler beaucoup plus que ce dont leur corps a besoin, ce qui mène à de graves problèmes de poids, à un taux de personnes obèses en très forte croissance, avec tout ce que cela implique de maladies cardiovasculaires et autres phénomènes menant à une mortalité précoce. C’est assez effarant d’assister à cela, quand d’autres meurent de faim dans les pays sous-développés.

Mais les problèmes d’obésité ne sont qu’une des conséquences de la surconsommation : une conséquence sur les gens, une conséquence bien visible et qui focalise notre attention, la détournant clairement de bien plus gros problèmes, de dangers qui touchent la terre et plus largement la Terre. Nous ne voyons pas bien ces périls, parce que l’échelle est si grande qu’on n’est plus dans la dimension de l’Homme et celui-ci a tendance à ne voir que ce qui est à sa taille. Il ne mesure pas encore que ce qui se passe à l’échelle de la planète peut avoir comme influence sur lui.

 Supersize me

Je m’explique. Les américains mangent beaucoup, beaucoup trop. Les pays développés mangent trop en général, mais chez les américains, c’est plus visible de par ce phénomène d’obésité qui se développe à vitesse grand V. Comme je l’avais expliqué, si vous allez aux Etats-Unis et que vous commandez un plat dans un restaurant, vous risquez d’être surpris en voyant arriver l’assiette qui comporte le double, voire plus, d’une assiette normale en France. On vous sert et on vous ressert la limonade pour le même prix tout au long du repas.

Et tout cela, il faut bien le produire. Cela signifie que pour nourrir en double rationnement un américain, les Etats-Unis produisent le double de ce qui est produit pour un habitant européen et peut-être plus. Nous mentionnions dans le premier article de cette série « Le gâchis » qu’un producteur de fruits et légumes jette environ 45% de sa production avant même que le distributeur ne se fasse livrer. Puis le distributeur jette aussi une grande partie de ce qu’il met en rayon.

Imaginons donc : aux Etats-Unis, tout cela est multiplié par deux !

Cela mobilise des surfaces de culture anormalement élevées pour produire. On épuise les terres à cultiver des fruits et des légumes qui ne seront jamais consommés. Déjà en Europe, tout ce qui est gâché a nécessité l’utilisation de surfaces astronomiques de terre. A-t-on déjà fait le calcul ?

Et puis, quand on sert un steak en double portion, il a fallu élever deux fois plus de bétail. Ce bétail, il faut le nourrir aussi et cela mobilise encore la terre et beaucoup d’eau.

 bétail

Pour les cultures, ils utilisent alors double quantité de pesticides, d’insecticides, intoxiquant doublement la terre et, au passage, l’eau des nappes phréatiques.

Les productions des éleveurs et des cultivateurs sont transformées et cela veut dire double fonctionnement des usines avec double consommation de pétrole et double production de CO2 pour le transport de ces produits : double pollution, double impact sur le réchauffement climatique.

Et qui est la grande perdante au final ? Notre chère planète Terre qui, à force d’être agressée, exploitée, polluée, finit par s’épuiser. Elle réagit, mais nous sommes focalisés sur nos steaks et nous ne voyons pas. C’est tellement loin tout cela. Les inondations ? « C’est vrai qu’il y en a plus depuis quelques années, mais ce n’est pas chez moi. Tant mieux ! » Les tempêtes, les ouragans ? « J’ai la chance d’habiter dans une région sûre. De toute façon, rien ne prouve que c’est dû au réchauffement climatique. » La fonte des glaces ? « Sans doute un passage normal dans l’histoire de la planète, il y a toujours eu des différences de températures dans le passé… »

Et puis, un jour, il n’y aura plus double ration de steaks au restaurant. Il n’y aura plus double portion de frites non plus, ni double cultures des terres. D’ailleurs, il n’y aura plus de vie normale possible sur Terre. « Oui, enfin, c’est loin tout cela. Après moi, le déluge ! » Oui, c’est loin. C’est pour nos arrière-arrière-arrière… petits enfants. Voilà ce que nous gâchons comme ressources sans nous préoccuper, aujourd’hui, de ce dont ils hériteront.

Auront-ils envie de nous dire merci ? Nous verront-ils comme des hommes et des femmes de valeur ? Comment jugeront-ils les conséquences de nos actions ? Comment jugeront-ils le fait que nous ayons voulu avoir double ration de steak dans nos assiettes, que nous avons consommé plus que ce dont nous avions réellement besoin, quitte à leur laisser une Terre stérile et invivable.

Bénédicte

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