le gâchis / Partie 2

Nous le disions dans le précédent article, il est en train de se mettre en place des actions pour alerter les consommateurs sur le gaspillage.

Et je dois mentionner cette campagne très drôle sur les fruits et légumes moches. On y voit une carotte à deux racines, une orange abîmée. Ce sont ceux qu’on évite de prendre, lorsque notre main se tend vers un fruit ou un légume au supermarché. On a tous vécu cela. On trouve que celui-ci a une drôle de tête, celui-là n’est pas parfait avec ses égratignures. Et nous prenons celui d’à côté qui nous semble parfait.

Parfait par rapport à quoi ? Parfait par rapport à une standardisation qui a été mise en place chez les distributeurs qui n’acceptent que des tomates de telle longueur, telle largeur, telle couleur, écartant les autres dès la sélection chez le producteur. Parfois, du fait d’une erreur d’inattention, on retrouve la tomate différente devant nous et comme elle ne ressemble pas à toutes les autres, on ne la prendra pas dans notre panier.

Quant au goût, cela semble être une moindre préoccupation de notre cher supermarché.

 calibration

Le fait que nous rejetions la tomate différente conforte finalement le distributeur dans l’idée qu’il faut que tout soit standardisé.

Pourtant, nous, nous ne sommes pas des standards. Et c’est en cela que cette campagne est chouette, je trouve, parce qu’elle raisonne particulièrement en ce moment.

Le parallèle avec l’actualité est très fort. Certains veulent pointer du doigt les différences entre chaque personne : les gros, les petits, les maigres, les noirs, les blancs, sans parler des religions et nous dire non, ce n’est pas bien, il faudrait que nous soyons tous pareils.

A croire que ce sont les mêmes qui ont voulu que nos fruits et légumes soient tous identiques. Ils ont apparemment un problème avec la différence. Laissons ceux-là à leur souci et qu’ils nous laissent tranquillement consommer nos légumes tordus ou égratignés.

En effet, nous, ce qui nous intéresse, ce n’est pas l’apparence de notre courgette ou de notre fraise, mais ce qu’elle contient, son goût, ses nutriments, si elle n’a pas été vaporisée de pesticides, d’insecticides ou autre élément indésirable que nous n’avons pas envie d’avaler.

A l’AMAP, il faut bien être préparé psychologiquement avant de venir, car vous pouvez voir des poireaux et des carottes qui viennent à peine d’être sortis de terre. Oui, oui, cela pousse dans la terre ces choses-là. Et quand vous pèserez votre kilo de carottes, il est bien possible que vous ayez les mains pleines de terre. Et puis, en rentrant chez vous, il faudra nettoyer vos légumes. Oh la la, quel boulot ! Oui, en effet, deux ou trois minutes de votre temps à brosser vos carottes, c’est un sacré challenge !

 nettoyer légumes

Notre temps est devenu si précieux qu’on préfère le passer à des activités non productives, comme jouer à des jeux stupides sur notre téléphone portable ou surfer sur internet. Nous n’avons plus le temps de rien, juste celui de faire des choses qui ne nous font pas avancer. Que reste-t-il une fois que nous éteignons l’ordinateur ou le téléphone ? Rien !

Alors qu’après trente minutes de cuisine, il vous reste la satisfaction d’avoir créé et réussi un plat, éventuellement de le partager et ça, c’est quand même autre chose.

Pour en revenir au gâchis donc, avant cette campagne sur les légumes moches, de nombreuses initiatives se sont mises en place. Ce sont, par exemple, les disco-soupes dont nous avons déjà parlé et qui consistent à récupérer ce qui est encore bon sur un légume et de s’en servir pour faire une grande soupe à partager.

Pour apprendre à cuisiner les fanes de légumes, vous trouverez des ouvrages en librairie.

 

Nous avons évoqué les légumes et les fruits, mais la standardisation touche évidemment les produits transformés et si eux aussi ne sont pas conformes aux spécifications définies pour le produit, eh bien, là encore : poubelle ! Cela peut être un pain qui n’a pas la couleur normée, les céréales un peu trop foncées.

Alors que ces produits sont tout à fait bons à être consommés et qu’ils pourraient aider des personnes dans le besoin, si on les leur donnait, les industriels préfèrent jeter.

Il est temps pour nous, consommateurs, de manifester notre rejet de ces pratiques.

 

Bénédicte

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