ruche versus AMAP

Certains d’entre vous m’ont parlé des Ruches et m’ont « commandé » cet article. J’ai pris la question très au sérieux et j’ai mené mon enquête auprès de La ruche qui dit oui (www.laruchequiditoui.fr) pour essayer de comprendre quel était le but de cette organisation.

 Tout d’abord, point commun avec l’AMAP, le but est d’avoir une distribution directe du producteur au consommateur. Enfin, presque directe, parce que la personne qui tient la Ruche se rémunère au pourcentage de ce qu’elle vend aux inscrits, contrairement aux membres bénévoles de l’AMAP.

La Ruche sélectionne des producteurs locaux et le responsable de la Ruche les visite régulièrement.

Les inscrits à la Ruche n’ont apparemment pas la possibilité de visiter les exploitations, ni de participer à la cueillette des haricots etc.

La Ruche m’indique que les produits que l’on peut commander changent souvent et cela peut induire la question du contrôle des produits et de leur provenance, de leur qualité aussi.

Mais, ce qui pourrait être un avantage, par rapport à l’AMAP, c’est que le choix est beaucoup plus varié et il y a beaucoup plus de types de produits.

 ruche qui dit oui

Mais, les produits ne sont pas forcément Bio.

Autre différence, il n’y a pas d’adhésion ni d’engagement à la Ruche. Chacun commande ce qu’il souhaite sur le site et lorsque la quantité de commande souhaitée par le producteur est atteinte, il livre la Ruche. Alors, comme pour l’AMAP, chacun va chercher sa commande sur place à une heure précise.

J’ai demandé comment le revenu du producteur est garanti et la réponse de La ruche qui dit oui :

« En ce qui concerne les revenus des producteurs : les commandes ne sont déclenchées que lorsque le membre valide son panier et donc paie. Le producteur est immédiatement payé dès la livraison confirmée. »

Cependant, le producteur doit quand même vivre, si la commande n’arrive pas à la quantité qu’il a visée pour l’ensemble de la Ruche. Et, là, rien ne garantit son salaire.

De même, rien ne garantit la livraison si la quantité totale commandée n’atteint pas l’attente du producteur.

Un inconvénient important pour moi, c’est que, puisque l’inscription aux Ruches est libre et qu’on commande quand on veut ce qu’on veut, lorsqu’on va chercher sa commande, finalement, on ne revoit pas forcément les mêmes personnes.

Bref, le lien qui se crée entre les « ruchois » (je ne sais pas comment on les appelle) est assurément très différent de celui qui se crée entre les amapiens qui, non seulement, peuvent récupérer les paniers des uns et des autres, mais qui tissent des liens particuliers.

Pour conclure, la Ruche n’est pas dans la même démarche que l’AMAP. On est plus, avec la Ruche, dans une optique commerciale.

Ce n’est d’ailleurs pas incompatible avec cette belle idée que de consommer « local ».

Le système, en soit, me semble assez intéressant pour débuter une démarche de consommation différente, tout en ne s’engageant pas dans la durée.

Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à vous inscrire sur une des Ruches près de chez vous (c’est gratuit) et de regarder s’il y a des produits qui vous intéressent. Si vous aimez avoir du choix, vous serez ravis. Vous trouverez des légumes, des yahourts, de la viande, des fruits, des sirops… et même du savon.

Mon article n’étant pas forcément objectif puisque je ne « pratique » que l’AMAP, je trouve qu’il serait intéressant d’avoir des retours d’expériences des utilisateurs de Ruche… Mesdames, Messieurs, à vos commentaire, prêts, partez !

Bénédicte

4 réflexions sur “ruche versus AMAP

  1. Amapiens, Amapiennes,

    Je ne trouve rien d’intéressant dans leur concept (identique aux conciergeries) et défavorise le commerce local qui se bat tout les jours pour survivre.

    Je suis étonné d’y voir un article sur votre blog et surtout leur lien.

  2. Bonjour Bénédicte,

    Et merci pour cet article. Je me permets de faire une intrusion de « ruchoise » comme vous le dites joliment, car en effet, je suis responsable d’une petite ruche qui vient d’ouvrir dans la banlieue bordelaise.

    Je voulais juste apporter quelques compléments à votre enquête, en ajoutant que lorsque le producteur n’a pas atteint le minimum de commandes qu’il a lui-même fixé, sa page internet lui propose de cliquer sur « livrer quand même », il peut donc choisir de fournir ou non la ruche en fonction de ses propres contraintes budgétaires de transport par exemple.
    Mais il est rare qu’un producteur refuse de livrer, car, et c’est mon cas, il suffit de créer des sortes de réseaux de producteurs qui sont voisins, et qui pourront ainsi mutualiser les déplacements en s’organisant pour faire les trajets chacun leur tour, transportant ainsi les commandes de tous les producteurs concernés ( maximum 3 pour que les membres puissent les rencontrer régulièrement).

    Et puis il est tout à fait conseillé de faire des visites chez les producteurs avec les membres. Ainsi, avec le pruniculteur qui fournit la ruche dont je suis responsable, nous avons décidé d’organiser un repas producteurs-membres sur son exploitation, dès que ce sera la saison, et de proposer aux personnes intéressées de ramasser les prunes.
    J’ai déjà fait une visite chez le berger avec les enfants et leurs parents.

    Je souhaite aussi répondre à Anne-Lise, lui dire que oui, les producteurs se battent tous les jours pour survivre, mais que moi aussi… je sors d’un an de RSA, intermittente du spectacle, cet emploi de responsable me permet également de mieux manger. Je soutiens les producteurs, et les producteurs me soutiennent. Nous sommes une sorte d’équipe qui roulons, comme vous, pour le soutien des productions locales, mais pas seulement, nous roulons aussi pour le soutien à la création de l’emploi, chez les producteurs et chez les autres.
    Je voudrai lui dire également, à titre d’anecdote, que la maraîchère qui fournit notre ruche ne peut pas rester tout le temps de la distribution, car elle a ….une amap à livrer juste après.

    A nouveau, je vous remercie chaleureusement pour votre partialité, qui est croyez-le bien, très objective et honnête.

    Bien cordialement,

    Pascale (10 ans de bénévolat amapien, 1 an de responsable de ruche)

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